Adrien Duermael (Pixowl) et l’industrie particulière du jeu vidéo mobile

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Adrien est un garçon sans prétention, et pourtant son histoire est très “humbling”. Il nous raconte les chemins détournés et inattendus qui l’ont mené à fonder Pixowl et venir à San Francisco.

Une certaine part de hasard des rencontres et de hasard de la vie, mais une grosse part de volonté et d’ambition humble : c’est la recette des bonnes histoires !

Je m’appelle Adrien Duermael, je suis développeur de jeu, je suis basé à San Francisco. J’ai monté une boîte qui s’appelle Pixowl, on fait des jeux pour iPhone et Android.

Le premier jeu que j’ai fait avec ma femme, avant de créer la boîte, était un jeu de serpent avec une petite chenille orange. On a toujours voulu garder ce personnage-là, à cause du fait que c’est un business très dur, où tu cherches le “hit”, que tu peux chercher pendant 10 ans et ne jamais trouver. Donc, on a eu cette idée de faire quelque chose qui se construit dans la durée, on a souhaité faire un deuxième jeu avec ce même personnage de serpent orange, puis un troisième, un quatrième, un cinquième, … Et même si aucun ne connaît de succès énorme, on espère quand même marquer les esprits avec ce personnage.

 

Ton histoire ?

J’avais pas vraiment dans l’idée de faire du jeu vidéo au départ. J’ai toujours eu un attrait pour ce qui est graphique (je faisais du dessin pour le plaisir), et j’aimais bien coder aussi. Du coup, j’ai fait une formation aux Gobelins. On a eu de la chance d’y avoir des cours d’iOS (les autres écoles étaient un peu jalouses !), donc j’ai fait mon projet d’école sur iOS, et à côté de ça, j’ai commencé à développer un petit jeu, que j’ai fait avec ma femme, qui est dessinatrice de BD.

Et ça a bien marché. C’était entièrement gratuit, et il n’y avait rien à vendre dedans, donc il y a eu très vite un million de téléchargements ; mais on n’a jamais gagné un centime dessus (mais c’est quand même bon pour le moral !). Par contre, j’ai obtenu pas mal de contrat en freelance pour faire des apps mobiles.

Un jour, j’ai rencontré deux clients, Arthur et Sébastien, qui nous ont commandé un jeu, à ma femme et moi (c’était la première fois qu’on me commandait un jeu). Mais ça m’embêtait, parce que les jeux, ce ne sont pas des applications qui sont très livrables. Les jeux qu’on fait, on les met à jour au minimum tous les mois. On est quand même partis sur le contrat, mais on a fini par décider de monter une boîte ensemble.

 

Pourquoi San Francisco ?

À cette époque-là, juste avant ce contrat, on avait pris trois semaines de vacances (les dernières grandes vacances que j’ai prises !). On est venus en Californie, et on a rencontré des gens qui nous ont fait visiter Apple, et d’autres endroits ; on a eu un condensé de ce que c’était d’être ici. Quand on est rentrés, on a voulu revenir .

Comme on montait la boîte, c’était la bonne occasion au niveau visa. On a créé la boîte administrativement aux États-Unis, et on est restés en France jusqu’à ce qu’on puisse venir, ça nous a pris presque 2 ans.

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À propos d’être développeur

Tous les développeurs ont toujours peur de ne pas mériter leur place, ils se disent : “je fais un code, mais je suis sûr que n’importe quel développeur dans la rue ferait mieux que moi, je suis pas à la hauteur”. On passe des nuits à coder, on a l’impression que tout le monde fait ça tout le temps, tout le monde est en hackathon en permanence. C’est très difficile de mettre les choses de côté sans se dire que les autres te rattrapent. C’est tellement une passion…

 

Un conseil ?

J’ai été surpris moi-même de voir que tout est faisable si on le veut. Je pensais pas à être pris à Gobelins ; il y avait 10 places, j’ai été pris. J’avais pas des super notes, mais ça s’est bien passé ; si je ne l’avais pas tenté, je ne l’aurais pas fait. Venir ici, ça paraissait complètement dingue ; et maintenant, je suis ici.

Le plus grave, c’est de ne pas tenter. Il faut y aller, même si ça paraît complètement dingue. On n’a qu’un vie, il faut le faire.

Et surtout professionnellement. C’est valable dans tous les domaines, mais le boulot, on y est tous les jours de la semaine. Si c’est pour se dire : “j’ai un boulot pourri, mais je vais passer un bon week-end, donc ça va”… enfin, si on est nuls en stats, on peut vivre comme ça ! Si on pose un peu les stats du temps passé à s’emmerder et à se faire plaisir, il vaut mieux faire un boulot qui nous plaît.

 

Qui interviewer ?

S’il trouve le temps, ce serait génial d’interviewer Éric Hautemont. Il est advisor chez nous, et il a une boîte qui s’appelle Days of Wonder. Ce qu’il y fait avec les jeux de société, c’est génial, il prend le marché des jeux de sociétés, et il le tord à sa manière, c’est hyper intéressant.

Pour contacter Adrien : Twitter, LinkedIn.

Et découvrez le point de vue de Laurel, la femme d’Adrien, qui dessine en BD la création de Pixowl.

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