Alexei Chemenda, toujours étudiant et déjà entrepreneur à succès !

Share Button

Pour paraphraser la citation de Corneille (oui, chez TechMeUp, on code, mais on se fend d’une citation littéraire aussi de temps à autres !), “aux entrepreneurs bien motivés, la valuation n’attend point le nombre des années d’expérience” (certes, on se permet quand même de paraphraser très librement !)

L’histoire d’Alexei devrait inspirer ceux qui rêvent de se lancer, mais qui estiment leur manque d’expérience trop limitant. Si pour lui, qui n’a pas encore son diplôme en poche, “trop tôt” n’existe pas, alors pour vous aussi : pourquoi ne pas vous lancer dès demain ?

Rencontre avec une étoile montante qui ne commence qu’à peine à nous surprendre.

Je m’appelle Alexei Chemenda, je suis encore étudiant à l’EPITA, une école d’ingénieur à Paris ; et je suis aussi co-fondateur de MotionLead, on fait de la publicité mobile animée. Je me trouve à San Francisco depuis 6 mois, j’y ai déménagé pour attaquer le marché américain.

Chez MotionLead, on fait de la publicité mobile animée et dynamique. Le concept, c’est qu’on a développé une techno qui permet d’afficher des pubs animées sans bloquer la navigation de l’utilisateur. C’est beaucoup plus impactant pour l’utilisateur, et c’est beaucoup plus sympa, avec une très belle interface, qui donne des taux de clics beaucoup plus élevés que tous nos concurrents.

Ton parcours ?

À l’EPITA, il y a pas mal de boulot en 3e année, et je me suis retrouvé souvent à bosser tard avec Arthur et Louis, mes deux autres co-fondateurs. L’idée est partie d’un projet sur lequel ils étaient déjà en train de travailler depuis 2 ans ; c’était une application iPhone, et ils monétisaient leur audience avec de la publicité mobile. Ils se sont posé la question : “Est-ce qu’il n’y a pas une autre façon de faire ça, vu que la publicité mobile aujourd’hui est complètement cassée ?”

On est venus en Californie parce qu’on a été acceptés à YCombinator, un incubateur à Mountain View qui est assez réputé (NDLR: Alexei est juste un peu excessivement humble sur cette réflexion ; YCombinator est l’incubateur de très loin le plus prisé, celui-là même qui a inventé le concept d’incubation de startups). On est venus ici tous les trois, on a pris un appartement à Palo Alto, d’où on bossait ; l’histoire classique de la startup ! À la fin de YCombinator, mes deux associés sont repartis en France, parce qu’on a pas mal de clients en Europe, et qu’on veut garder l’équipe tech à Paris. Moi, je suis resté ici pour m’occuper du marché américain, parce qu’on peut dire ce qu’on veut des US, mais il y a un marché énorme ici, et surtout dans la publicité mobile.

La R&D en France ?

C’était même pas un choix qu’on a fait, c’était très clair dès le départ que l’équipe tech resterait à Paris. Je pense qu’il y a plusieurs problèmes en Californie. Les ingénieurs français sont très intelligents, et très fidèles à l’entreprise, contrairement aux US où c’est vraiment des mercenaires, des profils qui vont avoir tendance à changer de boîte pour une meilleure offre, et qu’il va falloir incentiver énormément pour rester dans la boîte. En France, les ingénieurs sont très compétents, et ils vont rester dans la boîte parce qu’ils sont passionnés par le projet, par le produit, par l’équipe, …

Aussi, il y a beaucoup de financements de l’État en France, qui sont vraiment les bienvenus dans les étapes “early stage” de la boîte, où on est très concentrés sur la R&D.

De la France, on regarde ce qui se passe en Californie, et on voit des levées de fonds de 1,5 ou 2 millions de dollars. Ce dont on ne se rend pas compte, c’est qu’en France, on n’a pas besoin de lever autant, et c’est pour ça que les levées sont plus petites. En France, avec 400.000 euros, la boîte peut vivre 1 an / 1 an et demi ; aux US, pour pouvoir vivre aussi longtemps, il va falloir 2 ou 3 millions de dollars.

image

À propos de la culture tech

Je pense que les gens qui font partie de la tech sont très ouverts d’esprit, et que c’est ce qui fait que ça avance bien. Ils sont hyper réceptifs, toujours prêts à donner du feedback, à filer un coup de main, à présenter les bonnes personnes, … Je trouve que c’est un monde qui s’entraide énormément.

Un conseil ?

Suivez un maximum d’opportunités, ne refusez jamais une opportunité parce qu’elle semble ne pas être assez intéressante. Il ne faut pas refuser un opportunité parce que la ville est pas sympa, le salaire pas assez gros, … Il faut s’ouvrir un maximum d’opportunités possibles, tout essayer, et trouver la bonne voie en fonction de ce qui nous plaît le plus.

Un autre conseil ?

Ne perdez pas de temps au lancement d’une boîte ou d’un projet, à faire des business plans pendant 6 mois, et à essayer d’estimer ce que l’utilisateur va aimer. Focalisez-vous sur un produit minimaliste, et récupérez un maximum de feedbacks des utilisateurs. Seuls les utilisateurs peuvent dire si votre produit est bien ou pas, et s’ils sont prêts à l’utiliser. Ça ne sert à rien de faire des business plans pour “estimer” ce qui va se passer dans deux ans.

Qui interviewer ?

Je pense que Stanislas Pollu serait hyper intéressant à écouter. Il est CTO et co-fondateur d’une boîte qu’il a montée à Paris, et qui s’appelle Nitrogram (NDLR : récemment renommée TOTEMS). Il est en train de bosser aussi sur un projet open-source. Il a beaucoup de choses intéressantes à dire, et je pense que ce serait intéressant de l’interviewer.

Pour contacter Alexei : Twitter & mail.

Share Button