Arnaud Barbier: un bidouilleur haute voltige au service du Secret Défense

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Toutes les données sur lesquelles il travaille sont soumises au Secret Défense. C’est dire s’il y a du challenge même dans un parcours administratif. Arnaud nous raconte, de la Jamaïque à New York en passant par Bruxelles, comment il perçoit son métier.

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Bonjour Arnaud, peux-tu te présenter en 140 caractères?

Je suis Arnaud Barbier, j’ai 35 ans, je suis responsable d’exploitation à Bruxelles pour la Direction Générale du Trésor depuis 4 ans.

Comment as-tu atterri aux USA ?

J’ai suivi mes études à Epitech. En 2006, j’ai fait mon stage de fin d’études à New York. J’ai eu l’opportunité de faire un Volontariat International (VI) à la Direction Générale du Trésor. Ma première mission fût de gérer le système informatique de la Mission Economique de la Côte Est de l’Amérique du Nord et des Caraïbes.

Qu’as-tu pensé de New York ? 

J’ai adoré la ville et les projets étaient intéressants. Là bas, la compétence des gens est reconnue. Donc on te donne des responsabilités. New York, c’est un melting pot fantastique, même si les premiers mois sont difficiles, tu ne parles pas très bien anglais, tu demandes toujours aux gens de répéter et tu as des tas d’accents différents ! Tout est nouveau au niveau de la culture, la musique. J’ai pu voir en concert Les Paul, l’inventeur de la guitare Gibson, une légende vivante et ça, ce n’est possible qu’à New York !

Quel est ton rôle au sein du Trésor?

Je gère tous les services opérationnels des utilisateurs: la messagerie, le back office, les outils métiers. La logistique informatique fonctionne pour tous les employés. Cela représente 2000 utilisateurs dans le monde, dont une moitié en France et l’autre à l’étranger.  Avec mon équipe de cinq personnes, notre rôle consiste à proposer des évolutions techniques pour les utilisateurs en conformité avec la vision du Secrétaire Général.

Ta carrière administrative, passion ou regret ?

J’aime tester les choses, je suis bidouilleur dans l’âme et je ne me suis jamais autant éclaté qu’en faisant mon parcours à Epitech. J’ai choisi une voie administrative purement par opportunité. Mais que ce soit dans l’administration ou pour une startup, je vois une même similarité: on nous demande de trouver des solutions à des problématiques.

Mon équipe est dynamique, la moyenne d’âge a moins de 30 ans. Donc aucun regret !

Bruxelles VS la Silicon Valley ?

Je ne suis pas forcément attiré par la Silicon Valley. Peut-être parce que je ne me considère pas comme un développeur mais comme un administrateur réseau dans la gestion des infrastructures. A Bruxelles, j’ai retrouvé le coté melting pot et cosmopolite de NYC. J’ai aimé partir à l’étranger et découvrir d’autres environnements. Avec l’ONU, la Commission Européenne et l’OTAN, l’Europe se retrouve ici.

Ton moment le plus difficile ?

A New York à la fin de mon VI, je pensais être dans une bonne situation pour retrouver un poste. Mais en 2008, la situation économique n’était pas si bonne que ça. J’allais passer un entretien pour la Société Générale et au moment d’arriver sur place, on me téléphone pour m’annoncer qu’une coupure budgétaire avait eu lieu et que le poste était annulé ! J’ai donc réalisé qu’il fallait que j’élargisse mon scope. J’ai rebondi en faisant un voyage à Montréal et Toronto. J’ai trouvé un poste là bas.

Un conseil à donner?

Soyez curieux et posez des questions ! C’est ce qui va permettre à une personne de découvrir de nouvelles choses. Niveau langue,  il faut savoir s’adapter. Chinois, portugais, espagnol : il faut s’adapter au pays que l’on vise, cela tombe sous le sens.

Une anecdote pour finir ? 

Lors de mon VI, en mission à Kingston en Jamaïque, le correspondant local vient me chercher à l’aéroport en voiture et me dit : « Ici, on tourne à gauche tout va bien, on tourne à droite c’est la guerre civile! ». Dans ces moments-là tu t’aperçois qu’il y a des pays où c’est hyper chaud pour bosser. Comme quoi, l’administration ce n’est pas toujours de tout repos !

Prochaine personne à ITW ?

Frédérique Delfosse

Pour contacter Arnaud : arno.barbier@gmail.com

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