Brice Favre, la soif de créer

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Il a découvert l’informatique au primaire par le MO5 et le TO7 de chez Thompson. Simple moyen pour se concentrer à l’école, l’informatique devient une passion. Aujourd’hui à 35 ans, Brice Favre, Lead Developer chez TalkSpirit à Montpellier, nous raconte la bulle Internet, son éclatement et surtout son enthousiasme intact pour son métier et les gens qui le font. 

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Salut Brice, quel est ton langage de prédilection ?

Le langage que je suis depuis très longtemps est le PHP. Mais je n’ai pas particulièrement de langage préféré, j’aime bien regarder ce qui se passe. Il y a une série de livres qui s’appelle « Seven languages in seven weeks » : il y est expliqué les différents langages de programmation, sous l’angle de leur particularité, de leur histoire. Cela permet de comprendre pourquoi certains langages sont nés. C’est extrêmement instructif pour comprendre de quelle façon exploiter au mieux son langage.

Tu as vécu la bulle Internet lors de ton expérience chez Tiscali ?

Oui, j’avais 21 ans, j’y ai découvert la programmation web, c’est là que j’ai commencé à coder. L’esprit était très startup, tout le monde faisait tout, c’était passionnant. Le matin on montait un serveur, l’après-midi on faisait du développement. Nous étions une petite équipe mais très pointue.

Et ensuite?

Suite à l’éclatement de la bulle, en 2002, il n’y a eu aucune embauche pendant 3 mois. Ca m’a permis de me lancer en indépendant en mission chez Cegetel pendant 3 ans. Par la suite, dans tous mes autres jobs j’ai toujours cherché ce que j’avais trouvé chez Tiscali : l’émulation et le fait de pouvoir travailler sur beaucoup de projets différents. Je deviens difficile maintenant quand je réponds à des annonces !

Du coup, tu es plutôt startup ou grand comptes ?

J’aime faire du développement, ce qui m’intéresse c’est de créer quelque chose, sortir un produit, l’améliorer. Ça se fait davantage en startup mais ça peut aussi exister chez les grands comptes.

Ton job actuel ?

Je suis lead developer chez talkSpirit, un produit de réseau social en entreprise. Mon métier consiste à développer ce produit et assurer son évolution sans casser ce qui a été fait avant. Il s’agit aussi bien de coder, que d’appliquer des règles de qualité ou faire de la communication. Je dois savoir expliquer ce qu’il se passe aux équipes. Lorsque je suis arrivé, j’ai eu en charge de développer toute la partie front, l’interaction avec les utilisateurs. A la base c’était une API, on a réussit en 3 ans à développer de nombreuses fonctionnalités. Travailler sur l’ergonomie et créer quelque chose de facilement utilisable, c’est une belle satisfaction. On passe de l’utile à l’utile et beau.

Silicon Valley ou France ?

Il y a 10 ans je n’étais intéressé par aucune entreprise à l’étranger. Aujourd’hui il a des boites dont l’esprit d’entreprise pourrait m’intéresser comme Spotify. La dimension humaine qu’ils apportent aux aspects techniques est très intéressante. Ils aident les gens à évoluer et les écoutent vraiment en interne, ça change le travail au quotidien. Mais je suis bien en France, j’y ai toujours trouvé des entreprises qui bougeaient.

Ton regard sur l’écosystème français ?

Je m’informe beaucoup.  J’assiste à une conférence ou deux par an telles que Sud Web ou Paris Web. Je trouve beaucoup d’informations via Twitter et j’anime des rendez-vous autour du Javascript à Montpellier. Ce qui m’intéresse ce sont les gens que je rencontre, et suivre leur évolution : ceux qui s’associent, ceux qui évoluent, ceux qui font changer les choses. Même si il y a des difficultés à faire croître les entreprises en France, il y a une population de développeurs formidables.

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Sur ta génération ?

Ma génération commence à avoir la quarantaine, on a toujours la niaque et l’énergie pour développer. De plus, nous avons une certaine expérience dans la façon de voir les innovations arriver. Après c’est plus vis-à-vis des entreprises que ça risque de coincer : on devient plus chers et plus difficile à caser mais je pense que les entreprises peuvent changer aussi ! Xavier Niel est un ancien hacker qui a gardé cette conviction que les programmeurs sont des profils importants pour les entreprises.

Un conseil à donner ?

Essayer de trouver ce que vous aimez faire : coder, gérer une équipe, être chef de projet ou autre. Tenez-vous y et continuez à creuser le sujet qui vous anime. Essayez au maximum de faire valoir vos points de vue dans l’entreprise. Mais si celle-ci vous oblige à faire des détours, n’hésitez pas à voir ailleurs.

Une personne à interviewer ?

Xavier Mouton Dubosc 

Pour contacter Brice: Twitter

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