“Ce que je referais autrement” – Invité Cédric Giorgi

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« Je n’ai pas de regret à avoir. Tout ce que l’on fait permet d’apprendre. » Voici le constat résolument positif de Cédric Giorgi, intrapreneur chez SIGFOX et acteur clé de l’écosystème des startups français. Cédric prend la suite de cette série “Ce que je referais autrement” et revient pour nous sur ses succès et défaites avec beaucoup de sagesse.

Cedric-Giorgi

1. Peux-tu te présenter en 140 caractères? 

Cédric Giorgi, 31 ans, responsable relations startup SIGFOX et ancien cofondateur et CEO Cookening revendu à Vizeat.

2. Tu as co-fondé le projet Cookening en 2012 avec l’ambition de devenir le AirBnB de la table d’hôte. Comment s’est passée cette aventure ?

Aventure fantastique. On a vécu pleins de moments différents, on a tenté pleins de choses. On a eu des réussites, des échecs. Je ne connaissais pas Sébastien et Julien, mes deux associés de départ. Ce fut intense pour nous ainsi que pour tous les gens qui nous ont rejoint pendant des périodes différentes de l’aventure. C’est surtout ça que l’on garde en tête.

3. Justement ce fut comment de travailler au quotidien avec des personnes inconnues au départ?

J’ai eu la chance de m’associer avec des gens que je ne connaissais pas mais ça s’est très bien passé. On s’est retrouvé parce qu’on avait une envie commune et des compétences complémentaires. Ça, je le conseille vraiment. Après, ce qui manquait, c’était peut-être un petit grain de folie sans remettre qui que ce soit en cause. Ça aurait pu permettre plus de créativité.

4. Qu’est-ce que tu changerais ou ne referais pas pareil?

Quand j’ai voulu lancer Cookening, le sujet me parlait à titre personnel car c’est une passion pour moi. Il faut être soi-même client de son produit. Mais j’avais mal évalué les besoins opérationnels nécessaires pour avancer. Cookening c’est une pure création de communauté terrain et c’est vrai qu’on aurait du faire plus de commercial, une construction de communauté plus forte en cherchant chaque jour de nouveaux hôtes. Il aurait fallu les chercher un par un. Et ce que j’aime faire, c’est davantage du partenariat BtoB que passer du temps à appeler de nouveaux clients et malheureusement c’est ce que j’aurais dû faire. Vizeat, qui nous a rachetés, et qui est plus jeune que nous, est plus dans cette approche-là, et c’est ce qui marche.

5. Tu as pas mal parlé de ta levée de fond, tu souhaites revenir dessus?

On a fait pas mal de conneries, je pourrais en parler des heures mais voici les trois points clés :

  1. le timing n’était pas bon : lancer avant l’été et penser lever en septembre c’est évident avec le recul que ça ne marche pas
  2. Être à court de financement personnel : il faut savoir anticiper
  3. Chercher à faire le produit trop parfait. Avec mes associés nous étions une équipe qui savait faire une belle plateforme web niveau du design et du développement mais ce n’était pas le point le plus important pour nous. C’était top mais pas le plus urgent à faire. Nous avions besoin d’évangéliser et de nous développer.

6. Difficile de construire une communauté?

Sur une passion précise, il n’y a pas de soucis à créer du lien car ce n’est pas un réseau social mais une communauté déjà existante. On a eu les bonnes approches, c’est juste qu’on a effleuré le fusil. Il se passait un vrai truc quand on créait des évènements mais on aurait dû le faire plus souvent et plus longtemps.

7. Quelle est la plus grosse déception qui t’as fait grandir ?

C’est le jour où le fond d’investissement nous a dit qu’il ne partirait pas avec nous après deux mois de négociations et une demi-douzaine de rendez-vous. C’était la veille de LeWeb 2013 . Là c’est dur et tu te demandes comment préparer la suite.

8. De quoi es-tu le plus fier ?

Même si le projet n’a pas grandi comme on voulait, à chaque fois que l’on a organisé des dîners, ça a été un énorme succès. On voulait vraiment que tous ces gens qui nous avaient suivis puissent continuer à avoir une suite dans l’expérience. Cookening c’était quali, pas quanti.

9. Tu es créateur de liens : FrenchStartupers, organisateur de conférences, professeur. Qu’est-ce que cela t’apporte ?

J’ai toujours adoré rencontrer les gens et des gens différents, j’ai une soif de ça, j’ai toujours fait des trucs en parallèle dans mes jobs principaux où j’interagis avec les gens. J’aime aussi la diversité et aller sur des sujets nouveaux, dès que je peux tester un nouveau challenge j’y vais. Quand j’aurai 40 ans je dirai que c’est l’histoire de ma vie mais, pour le moment je peux pas encore dire ce genre de phrase!

10. Aujourd’hui tu as rejoint SIGFOX, c’est la continuité?

Je vais répondre en quatre points sur les raisons de SIGFOX:

  1. Chaque entrepreneur qui revend sa boite devient salarié, moi je pensais que Cookening ne pouvait pas porter les ambitions que je souhaitais, donc j’ai commencé à regarder quel projet qui portait de grosses ambitions je pouvais éventuellement rejoindre . Il y avait Blablacar, Teads (ex-ebuzzing) et SIGFOX.
  2. C’est maintenant qu’il faut aller dans l’internet des objets c’est une terre d’opportunité.
  3. Le job consistant à créer un écosystème d’entrepreneurs et de développeurs est un super challenge professionnel.
  4. La raison bonus c’est Ludovic le Moan l’ex-fondateur de Goojet donc je savais avec qui je partais.

Et puis c’est une boite d’origine toulousaine !

11. Comment se porte la communauté tech en France ?

Il se passe des trucs hyper intéressants dans l’écosystème français. Il y a de vrais rôles modèles récents qui motivent tout le monde : Criteo, BlablacarFinexkap dans la finance. Ensuite, il existe un élan de solidarité entre entrepreneurs et startups qui  jouent un jeu commun sur l’international, avec un échange de bons plans, de bons procédés. D’ailleurs au niveau international, que ce soit en visibilité de la France vers l’international ou vice versa, il se passe pleins de choses. Je suis toujours allé vers l’international et j’y vois une vraie mouvance. Sans y avoir participé, while42 est par exemple un vrai réseau cool.

12. La prochaine personne à interviewer?

Marc Rougier, c’est mon mentor depuis le début. Il est très humain et a de très bons messages.

Pour contacter Cédric : twitter

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