De la NASA à Checkr: comment Daniel Yanisse bouscule un marché dormant

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Aux USA, 70% des employeurs font un « criminal background check » – l’équivalent de la vérification du casier judiciaire – avant d’embaucher. Une requête qui concerne les startups telles que Uber ou Lyft dont le business model oblige à faire appel à de nombreux contactuels. D’une procédure jusqu’ici fastidieuse et manuelle, Daniel Yanisse en a fait un service rapide et efficace. Un marché ultra porteur aux opportunités phénoménales. Plongée dans la vie d’un Frenchy qui a grandi vite.

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1. Peux-tu te présenter en 140 caractères ?

C’est pas facile ! Je suis Daniel, je suis un ingénieur français, j’ai toujours été passionné par la science et la technologie. Et je suis le co-fondateur de Checkr.

2. Comment passe-t-on de la NASA à Checkr ?

Il y a 4 ans j’ai fait un stage à la NASA dans la Silicon Valley. C’est là que je suis tombé amoureux du monde des startups, j’avais des amis qui bossaient chez Google, Facebook. A l’époque, je travaillais sur des prototypes de robots d’exploration pour Mars. Je me suis dit qu’il fallait que je revienne ici après mes études. Je suis rentré en Suisse finir mon cursus, j’ai pris le plus de cours d’informatique possible !

J’ai ensuite fait un stage à Cisco en Suisse car je savais que les Américains connaissaient bien cette boite et que je pourrais valoriser cette expérience sur mon CV. Effectivement, j’ai trouvé un poste chez Mogreet, une startup de Los Angeles qui fait du marketing par SMS. J’y suis resté un an et demi jusqu’au rachat de la boite. Mon but c’était d’aller dans des startups pour comprendre leur mode de gestion pour m’aider à créer la mienne par la suite.

3. Comment as-tu eu l’idée ?

A l’époque j’aimais bien les API et les outils pour les développeurs en général mais je n’avais pas l’idée, je n’étais pas prêt. J’ai rejoint une toute petite boite en étant le numéro 5 chez Deliv.  C’est là où j’ai appris le plus sur les startups, j’ai embauché des développeurs et trouvé mon idée. En janvier 2014, on a commencé en side project avec Jonathan – avec qui j’étais chez Mogreet et Deliv – jusqu’à obtenir un prototype. On a mis des mois à comprendre comment marchait cette industrie plutôt opaque. On a trouvé notre premier client, un ami. On a postulé chez Y combinator et puis ça a grossi très vite. Finalement nous avons beaucoup de clients aujourd’hui qui étaient chez Y combinator !

4. Ton expérience Y combinator ?

De juin à août ce fut super intense pendant 3 mois. Le but c’est juste de faire grossir ta boite, de vendre ton produit. Tu n’as la place pour rien d’autre. Tu penses à ça 24 heures sur 24 et tu dois te concentrer uniquement sur ce but. Et bien ça marche !

On était 86 startups dont 15 fondateurs français. Comme notre produit était déjà prêt, on a été capable de grossir vite dans ce groupe. Du coup ce fut facile de lever de l’argent – 9M$ – en octobre en série A. Beaucoup d’investisseurs étaient intéressés.

5. Tu crois que ça aurait été faisable en France ?

Non car notre produit est typiquement américain, j’ai essayé de résoudre un problème que les gens vivent ici car j’étais immergé dans la culture. Je n’ai jamais vraiment travaillé en France mais je crois que c’est plus dur de démarrer et de trouver des financements, surtout dans des industries légales et RH car ce n’est pas une industrie habituellement préférée des startups.

6.  Quel avenir souhaites-tu ?

On est 5 pour le moment avec une croissance mensuelle du chiffre d’affaires de +50% par mois. On a presque une centaine de clients. Le plan c’est d’abord d’embaucher des ingénieurs généralistes. Côté business c’est de conforter notre positionnement leader sur les startups de services à la demande. Niveau expansion, je souhaiterais aller sur d’autres marchés comme les RH ou faire du « credit score », procédure qui permet aux bailleurs d’évaluer si tu peux payer tes loyers. Et après on voudrait s’étendre à l’international mais ça risque d’être plus dur car chaque pays a des lois différentes sur la protection des données.

7.  Un conseil ?

Tout le monde a des idées géniales mais le plus important c’est d’avoir des clients, gratuits ou pas. Il faut avoir un service que les gens utilisent et avoir une croissance dès le début. Aujourd’hui l’univers des startups est plus compétitif, il faut prouver que sa startup a un marché. Le fait d’avoir déjà encaissé quelques milliers de dollars parle à n’importe quel investisseur dans le monde.

8.  La prochaine personne à interviewer?

Mathilde Colin, fondatrice de Front

Pour contacter Daniel: Twitter

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