Je viens chercher mon stage dans la Silicon Valley

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Neuf étudiants actuellement en 5e année à l’Epitech, un établissement d’enseignement privé français qui délivre un enseignement supérieur en informatique et nouvelles technologies, ont récemment passé une semaine dans la Silicon Valley. Objectif : trouver le stage de leur rêve qui doit normalement commencer au mois de Mars 2015, pour 6 mois.

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Anais (faut être galant), Morgan, Sandro, Gael F., Gael D., Nolan, Quentin, Rémy, Nicolas, ont donc rapidement fait leur bagage pour forcer la décision qui est souvent difficile à faire depuis Paris. Tout d’abord parce qu’il y a deux problèmes à résoudre :

– trouver les contacts dans les entreprises qui nous intéressent, et obtenir des réponses,

– et comprendre comment ça marche.

Ils ne sont pas les seuls, puisque la Silicon Valley est devenu un objet de convoitises de la part des étudiants ayant de près ou de très près les pieds dans le code… informatique. On vous raconte beaucoup de sornettes sur la Silicon Valley, de belles histoires, qui cachent la galère de beaucoup de gens qui rêvent américain, mais qui n’y sont pas préparés.

J’ai souhaité évoqué des aspects essentiels pour toi lecteur, stagiaire en puissance, curieux de comprendre comment ça travaille dans la Silicon Valley, comment on trouve un stage, et tout ça.

Leçon numéro 1 : se débarrasser de ses réflexes de la métropole

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Le management à la Française a de très bon théoriciens en sociologie d’entreprise, comme Philippe Bernoux, Jean-Pierre Archier ou Hervé Serieyx, mais de piètres exemples sur le terrain. Je peux citer les tests pièges où l’on tente de faire chuter le candidat, alors qu’aux États-Unis on souhaite identifier en priorité les capacités de la personne : on a envie qu’elle rejoigne la compagnie, pas de leur apprendre dès le départ à “encaisser les coups”. Pas besoin d’avoir peur que l’on vous fasse faire le sale boulot, on ne veut pas écœurer les candidats, ici dans la Silicon Valley, on veut les inspirer. Venir prendre du feedback sur la meilleur attitude face aux interviews est une étape indispensable pour comprendre qu’il faut être soi-même face à des Américains qui ont en général des a-priori positifs dans leur démarche professionnelle. La réussite d’une batterie de test pour rentrer chez Youtube nécessite notamment de comprendre la nécessité de cette mutation.

A ce sujet, ce blog-post de Steve Yegge peut aider judicieusement à rentrer chez Google : “Get that job at Google”.

Leçon numéro 2 : être parfaitement au courant de sa situation juridique

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Il peut s’avérer aussi difficile de trouver une entreprise hôte pour son stage que pour un job classique. Trop de Français sont méconnaissants de leurs droits, parce que le droit d’immigration aux États-Unis est aussi complexe que le droit du Travail en France (ou presque). Trop de Français se basent sur les témoignages recueillis pour essayer de se faire une idée de leur propre situation ; or chaque cas est unique, et seuls des spécialistes sont en mesure d’apporter des conseils précis sur ce qu’il est possible de faire : “Avez vous fait des études aux États-Unis ?”, “Avez vous un diplôme obtenu aux États-Unis ?”, “Avez vous de la famille aux États-Unis ?”. Autant de questions permettant de savoir si vous pouvez bénéficier d’autre chose qu’un visa classique J1 pour faire votre stage dans une entreprise de San Francisco comme Square, qui ne s’embarrasse pas de ce type de dossier : pas Américain, pas de stage, désolé.

N’écoutez pas toujours les avis de ceux qui se croient arrivés au saint des saints de la Silicon Valley et ne prenez pas leurs conseils pour des évangiles : adressez vous à des spécialistes.

Leçon numéro 3 : être bien préparé pour passer les tests

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Les méthodes utilisées pour passer des tests dans les sociétés de la Silicon Valley sont absolument différentes de celles auxquelles vous pouvez être habitués en France. C’est un peu comme s’il fallait réapprendre ses textes, se replonger dans les algorithmes, les structures des données, et autres barbaries qui permettront aux entreprises de tester vos connaissances dans un contexte pragmatique. Il y a suffisamment d’ingénieurs français ayant passé des tests ici pour se renseigner et éviter ce recalage classique.

Un petit post utile de Nicolas Thiebaud sur cet aspect des choses : “Resources for becoming a hacker (and for interviews)”.

Et comme dirait l’autre, pensez à vous imprégner de la culture de l’entreprise ciblée pour le stage et renseignez-vous sur les nombreuses informations en ligne pour vous faire une idée des méthodes de travail, au-delà du produit sur lequel vous aimeriez bien travailler.

Leçon numéro 4 : ne pas se faire influencer par le représentant de la société

Il arrive que vous puissiez être présenté à une entreprise par son dirigeant, ou un employé, et non pas un recruteur ou un responsable des ressources humaines. Au niveau du stage, la priorité est de se mettre en situation d’emploi, et prendre le risque de se réfugier derrière une mauvaise impression laissée lors d’une présentation ne doit pas prendre le pas sur le désir de travailler pour une entreprise dont le produit vous attire, l’objectif reste de pouvoir prendre part à la vie d’une entreprise, comprendre les enjeux qui lui sont propres, avoir la possibilité d’apporter sa pierre à l’édifice. Oui, en informatique, c’est possible de contribuer à une version, une fonctionnalité, qui deviendront une réalité concrète dans un monde de cloud. On ne laisse pas passer une telle opportunité pour une mauvaise impression lors d’une présentation. Pas encore, à moins d’être sûr de son coup. Le stage, c’est ça l’objectif, et il faut le réaliser.

Leçon numéro 5 : être sur place

Même si c’était entendu depuis le départ, rien ne se gagne sans un investissement minimal en temps de présence, car c’est à l’occasion d’un rendez-vous sur place que l’on peut arracher une décision, provoquer un entretien, motiver une mise en relation… C’est un signe d’exemplarité d’une personne qui sait ce qu’elle veut et se prend en charge. Rien de plus normal dans les yeux d’entreprises de Californie qui voir défiler les développeurs dans tous les sens, tant il est facile de quitter une entreprise et répondre aux sollicitations des recruteurs. Mais tout de même, c’est aussi l’occasion de parler de son beau pays, les Américains sont nombreux à prendre des vacances en France, et ils adorent se remémorer leurs congés dans notre beau pays…

Exemple de sociétés pour postuler pour un stage…

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Connaissez vous le SRI du 21e siècle ? Je veux parler de la société Palantir Technologies. Le SRI est le Stanford Research of Institute, qui a accompagné le gouvernement américain depuis sa création en 1970, après sa séparation avec la Stanford University, et qui a aussi accompagné certaines innovations depuis des décennies comme la fameuse souris d’ordinateur ou plus récemment la fameuse voix Siri que l’on peut consulter sur un iPhone. Palantir Technologies a été fondée par un des ex-Paypal Peter Thiel, et est une société de logiciels et de services qui travaille dans le big data, tant pour le gouvernement américain que des société financières. Basée à Palo Alto, elle fonctionne comme une vraie startup, à commencer par le restaurant, où Palantir Technologies nourrit ses effectifs des miracles d’un chef cuisinier… français.

Square ne cesse d’innover en mode sprint et il ne se passe pas un trimestre sans que de nouvelles idées ne soient mises en place, comme par exemple cet accord avec Snapchat : http://www.bloomberg.com/news/2014-11-17/snapchat-teams-up-with-square-to-offer-money-transfer-feature.html

Si vous avez une autorisation de travailler sur le territoire Américain, ça mérite de tenter sa chance !

Quant à ceux parmi vous lecteurs ne lisent pas assidûment TechMeUp, un petit rappel sur nos amis de TextMe ici : http://techmeup.co/post/103488947853/textme-cest-de-la-bombe

Youtube, bien qu’ayant des bureaux en dehors des campus de Google à San Bruno, les processus pour trouver des stages ou des emplois sont complètement connectés à Google.

Dans la même famille d’articles, vous devriez aimer : “Trouver un job à San Francisco ou dans la Silicon Valley

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