Julie Foulon de Betagroup fait swinguer la Belgique

Share Button

« Je m’appelle Julie foulon et je suis Managing Director de Betagroup, le plus grand réseau d’entrepreneurs et startups de Belgique. » En 140 caractères ou presque Julie réussit à nous donner très envie de la connaître et de découvrir l’écosystème hyper vivant des startups belges. Voyage au pays de la bonne humeur et de l’efficacité.

image

Qu’est-ce que BetaGroup?

Betagroup c’est une communauté de 8000 membres répartis entre designers, développeurs, étudiants en ingénierie informatique. En bref, tous les profils de la tech sont là. Tous les web enthousiastes ! C’est assez unique en Europe, et ce qui est vraiment unique c’est que la communauté vit toute seule.

Qu’entends-tu par là ?

La communauté est autoalimentée par les membres : ils postent naturellement des annonces, des liens. Par exemple, en début d’année on a eu une grosse coupure budgétaire après les élections législatives et la solution a été trouvée par les membres sur Twitter. En fait, ils ont formé leur propre business modèle.

Mon job c’est de créer des opportunités de rencontres pour les membres : c’est de faire un networking efficace.

En chiffres ça donne quoi ?

Nous avons 40% d’entrepreneurs, 30% d’employés, 10% de freelances, 7% investisseurs et le reste d’étudiants. Je travaille sur ces derniers afin de les mobiliser davantage. Egalement une grosse partie de mon job consiste à motiver les employés. Ils viennent ici pour chercher de la motivation et de l’inspiration pour se lancer car le parcours d’entrepreneur est super difficile.

Un exemple d’évènement que tu organises?

Une fois par mois dans un amphithéâtre à l’université les startups viennent pitcher devant 400 personnes intéressées par l’entreprenariat et startups.

Fini les pitchs, on organise une file indienne avec 20 personnes à chaque fois et chacun vient faire passer un rapide message du style « Je suis développeur Java et je cherche du boulot », « On recherche tel profil dans notre startup ». Mais c’est faussement détendu dans le sens où il faut que ça reste efficace. Après l’event, c’est bières et boissons pour briser la glace avec les investisseurs !

Cela représente combien d’opportunités de lever de fonds par an?

Une multitude ! Dernièrement, deux business angels ont investi 1M€ dans Edebex. L’un des deux a pris connaissance de la startup en venant à l’un de nos rendez-vous. En tout on organise 28 évènements par an avec 7500 participants. On a 8 gros rendez-vous, dont 4 Betainvest et des workshops.

Y a-t-il des spécificités belges dans ton travail ?

Oui, tu peux le ressentir parfois. Par exemple, l’événement BetaInvest.be permet un échange entre startups et 8 types d’investisseurs en mode discussion. Mais je ne vais pas  forcément présenter une startup wallonne à un fond flamand car chaque partenaire financier a ses spécificités en fonction de sa région qu’il faut connaître. On est là pour bien orienter les startups et leur faire gagner du temps.

Penses-tu qu’il y ait un équivalent Betagroup en France ?

Peut-être Numa de Silicon sentier mais je suis pas sure. Nous sommes complètement centré sur le networking. Nous avons des startups suisses et françaises qui se tournent vers nous pour venir pitcher et se confronter à d’autres marchés. Je pense que c’est extrêmement intéressant. J’essaie donc de créer un réseau de partenariales européens pour créer des échanges, de la visibilité, et du feedback car c’est ce dont les startups ont besoin.

Pourquoi Bruxelles ?

Bruxelles c’est le Paris des années 80, c’est très détendu. J’ai presque littéralement atterri à Bruxelles ! Je suis française, de Paris à la base, j’ai fait mes études au CERAM sur la Côte d’Azur et puis j’ai travaillé comme stewardess sur les yachts de milliardaires pendant un an pour voyager. Pendant mon temps libre, j’ai commencé à sauter en parachute et ça m’a amené à Namur. J’y ai trouvé un boulot en tant que Cellule Placement pour feu Dexia Banque de 2006 à 2008. Comme sur mon temps libre je créais des sites Internet en PHP, CSS et HTML (merci le CERAM) j’ai monté ma propre entreprise d’informatique en 2009. Puis une deuxième, trois ans plus tard. Le parachute m’a donc amenée en Belgique!

Et Girleek?

Girleek.net est un webzine pour filles dédié à la tech. Je me suis rendue compte que les hommes et les femmes n’ont pas du tout la même approche envers les produits tech. C’est comme pour les voitures : un homme va s’attarder sur la puissance d’un moteur et une femme sur le confort de l’habitacle.  Avec la tech c’est pareil, on ne parle pas des mêmes choses, nous on se focalise davantage sur l’esthétique et le pratique. Après savoir combien il y a de gigabits dans la machine, ce n’est pas essentiel.

Quel regard portes-tu sur la Silicon Valley?

J’ai l’impression que tout le monde veut partir là bas pour lever des fonds, on entend souvent le même discours, que tu ne peux pas lever en Europe. Je ne suis pas tout à fait d’accord, Betagroup est la preuve qu’on peut lever des fonds.

Un conseil aux startups?

Je pense qu’il faut qu’elles visent international dès le départ.  Et puis je leur dirais de s’accrocher ! Entreprendre c’est un parcours du combattant. Ecoutez les conseils que l’on vous donne aussi. Il y a pleins d’aides ici telles que l’agence bruxelloise pour l’emploi. Beaucoup d’aides gratuites existent pour valider un prototype ou pour la R&D, profitez-en !

Selon toi, quelle est la prochaine personne à interviewer ?

Karen Boers qui a créé Startups.be. Je collabore avec elle pour le relais à l’international.

Les deux plus grands réseaux consacrés à l’écosystème des startups sont dirigés par les femmes, et je crois que les hommes en sont très contents ! J’imagine que c’est parce que nous sommes crédibles et centrées sur notre mission : mettre les startups en avant.

Prochain évènement :
48ème Betagroup
Egalement un BetaInvest le même jour de 14h à 17h.

Pour contacter Julie :
Twitter: @girleek
Linkedin

Share Button