Liam Boogar, Co-fondateur et CEO Rude Baguette

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Quand plusieurs blogueurs se rallient pour valoriser l’écosystème des startups et de l’innovation française, cela donne Rude Baguette, un blog sur la Tech française écrit en anglais, dont l’influence dépasse largement les frontières du Paris intramuros. Liam Boogar, son co-fondateur et CEO, nous donne sa vision de l’évolution du milieu startup français et nous dévoile ses prochains plans qui visent à transformer Rude Baguette en véritable média d’analyse disruptif. Et forcément intelligent.

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Salut Liam, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?

Je viens de Californie. Je suis né à Menlo Park dans la Silicon Valley. Je me suis installé en France en 2010, pour suivre ma copine française de l’époque, et je suis finalement resté pour les startups ! En 2011 j’ai bossé pour une startup qui s’appelait Plizy lancée par l’ancien co-fondateur de Deezer,Jonathan Benassaya. Cette startup s’appelle aujourd’hui StreamNation. A cette époque, je travaillais avec une équipe de 15 développeurs. J’ai vite compris que c’était les gens les plus intelligents que j’avais rencontrés de ma vie. Du coup j’ai commencé à en parler sur mon blog. J’ai été rejoint par d’autres personnes et on a lancé Rude Baguette pour parler en anglais de la France. Tout simplement.

Quelles études as-tu suivies?

J’ai une licence en mathématiques pures et une licence en latin et grec ancien. J’ai aussi étudié les sciences informatiques au collège jusqu’à la fac mais j’ai arrêté car ça ne me passionnait pas. Mais j’ai des bases de code.

Comment tu as évolué après ça ?

J’ai été embauché par une startup juste parce que je venais de Californie. Je pense que j’étais bon négociateur, bon business développeur, mais ces missions ne constituent pas ma carrière. Je ne dirais pas que j’ai une carrière, ce n’est pas un mot qui me convient trop.

Comment a démarré l’histoire de Rude Baguette ?

Rude Baguette a été lancé au début par moi et Roxanne Varza l’ancienne rédactrice en chef de Techcrunch France. Elle vient de Palo Alto, une ville toute proche de la mienne. Elle a eu cette idée de faire un blog en anglais avec tous les anglophones qui sont dans les techs pour parler en anglais de la France. J’étais preneur, j’avais mon blog depuis 5 mois et je venais d’avoir un article qui cartonnait parce que j’avais plus ou moins fait ce que je fais aujourd’hui sur Rude Baguette. C’est-à-dire que je dis des choses que tout le monde pense mais que personne ne dit. Du coup je suis devenu un peu connu d’une manière très micro. On s’est donc croisé plusieurs fois et on a décidé très vite. Je crois me souvenir qu’elle m’a proposé l’idée le 11 octobre et le 31 du même mois on lançait le blog. On a pas trop réfléchi, on s’est juste dit faisons-le ! On écrivait déjà des articles sous nos propres blogs, donc c’était juste une question de les faire sous le même site web.

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Et aujourd’hui cela représente 100% de ton temps ?

Oui, depuis environ un an et demi. Au départ c’était juste un « side project » pendant que je cherchais une startup. J’avais quitté la startup pour laquelle je bossais à Paris et j’attendais de trouver quelque chose qui me passionnait. Au fur et à mesure, des startups venaient me demander comment embaucher des américains, des anglais et des français. Et de l’autre côté des américains, anglais, français venaient à moi pour savoir quelles étaient les startups qui embauchaient. Donc on a commencé à organiser des Job Fairs, essayer de faire des évènements. Il y a environ un an et demi, avec Trista Bridges mon associée (Roxanne est partie entre temps chez Microsoft) on s’est dit : « si on veut créer un média il faut que l’on créé quelque chose de “scalable”, global et faire un million d’euros ». Donc on a bien réfléchi sur ce qu’on voulait faire dans l’avenir et depuis ce moment on bosse comme des fous. On a une conférence qui arrive en juin autour des objets connectés.

Et du coup, quel est votre business model ?

Je crois que notre business modèle va être beaucoup plus clair dans les mois à venir mais tout ce que je peux dire c’est que j’ai envie d’être le média le plus smart du monde.

Je trouve que beaucoup de technologies développées pour les boîtes médias sont créées pour les annonceurs et non pas pour les journalistes. Nous on s’est dit qu’on ne veut pas vivre sur les CPM et les CPC, on va vivre sur le fait que l’on est plus smart. Du coup notre boulot aujourd’hui c’est de devenir les plus smart dans notre secteur tech.

J’ai envie de connaitre les levées de fonds avant qu’elles n’arrivent, je veux savoir qui fait quoi avant qu’il l’annonce, je veux être le plus malin, le plus smart. Pas smart dans le sens plus rapide, mais smart dans le sens qu’on n’embauche pas des journalistes, on embauche des analystes de marché. J’ai envie de créer le Bloomberg pour la tech.

Quel est ton regard sur l’écosystème tech français vis à vis de ce qu’il se passe dans la Silicon Valley ?

Je n’ai pas vraiment bossé dans la Silicon Valley donc je ne peux pas dire grand chose même si je me tiens au courant. Je trouve qu’ici à Paris les gens bossent pour les startups parce qu’ils ont envie de créer quelque chose de spécial et pas parce qu’ils sont bien payés. Ils ne le sont pas de toute façon ! Je connais les salaires des startupers et c’est rien par rapport à ce qu’ils pourraient toucher ailleurs mais ils bossent dans une startup car ils croient que c’est le meilleur avenir pour leur vie financière. Ils investissent tellement d’énergie dans le succès de leur boite. Je trouve ça super malin. Je trouve que ce n’est plus le cas dans la Silicon Valley où c’est vraiment cadré. Tu connais les salaires, les stock options, tu sais que si les stock options ne sont pas assez importantes tu t’en fous, tu peux partir dans une autre startup. Tu n’es pas investi, tu investis dans toi-même et ta carrière. Tu essaies juste de choper la bonne boite.

As-tu un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait avoir le même parcours que toi ?

Il n’y a pas de même parcours que moi. Je crois que chacun a son parcours. Je ne vais pas convaincre un français de s’installer en Californie ni à un californien de s’installer en France. Moi je dis: fais ce qui te plaît. Je n’ai jamais choisi l’argent, j’ai toujours choisi le contrôle et ce qui me fait plaisir. En faisant ça j’ai toujours réussi à être où je voulais être.

Rude Baguette ce n’est pas une l’idée pour gagner de l’argent, c’est une idée pour faire ce que j’aime. Rencontrer des gens, et comprendre mieux l’écosystème. Au final si tu fais ce que tu aimes tu vas trouver le moyen de monétiser.

Selon toi quelle est la prochaine personne à interviewer ?

Nicolas Dessaigne PDG d’Algolia.

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