Marie-Amélie Frere : la serial entrepreneure à suivre de près!

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Marie-Amélie a goûté à la méthode lean startup et ne peut plus s’en passer. Elle nous raconte le lancement de sa nouvelle startup et ses différentes implications dans l’écosystème numérique français, notamment chez Girlz in Web. Rencontre avec une fille qui ne dort jamais. 

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Bonjour Marie-Amélie, peux-tu te présenter ?
Je suis co-présidente de Girlz in Web et fondatrice d’une startup qui a lancé une application il y a 10 jours ! Linotte agit comme un pense-bête géolocalisé. Il permet de se souvenir de visiter une boutique ou de déjeuner dans un restaurant dont on a entendu parler. Lorsque l’on passe à proximité d’un lieu tagué, l’application le signale. La boîte a été montée en lean startup donc il va y avoir beaucoup de fonctionnalités à développer encore, on attend le retour des utilisateurs.
 
Pourquoi l’as-tu lancé en lean startup ?
Le lean startup c’est une méthode agile se basant sur des itérations courtes et qui se propose de valider chaque étape du processus de création par des validations auprès des utilisateurs. Cela permet de limiter au maximum les risques d’échec car la pire chose, c’est de lancer un produit dont personne n’a besoin. Le projet a été complètement modifié en fonction du retour de nos sondés.
 
Quand est-ce que l’on doit lancer sur le marché?
Le but est de le lancer le plus vite possible et d’avoir les retours en direct. Avec mon associé qui assure la partie technique, on a changé le périmètre fonctionnel plusieurs fois. Entre le moment de l’idée d’origine et le lancement, six mois se sont écoulés. C’est vraiment du « test and learn ».
 
Qu’est-ce que The Cantillon ?
C’est une sorte de MBA accéléré, un programme monté pour la première fois cette année par des anciens de l’Insead qui agrègent les meilleures méthodes d’entrepreneuriat. On y sélectionne des personnes et non des équipes, c’est vraiment intéressant. Ils nous ont donné une vraie vision business que nous n’avions pas. On a revu le périmètre de manière drastique, pour qu’il y ait beaucoup plus de monétisation possible que la version à laquelle nous avions pensé au départ. Pour nous, Linotte, c’est un peu notre appli R&D, cela nous sert à développer une méthode que l’on appliquera pour d’autres projets.
 
Tu veux donc lancer d’autres projets ?
Exactement, on en a plein sous le coude ! On est dans un secteur où le dicton « choisir c’est renoncer » devient de moins en moins valable. Si le lean startup c’est la réduction du risque, pourquoi ne pas lancer plusieurs projets pour optimiser les temps morts et donc, réduire encore plus les risques ?
 
Quelle est ta vision de l’écosystème parisien ?
Tout se développe énormément, mais mon coté universitaire me faire craindre un retour de bâton où cet engouement soudain pour les startups va devenir obsolète. C’est parti trop vite d’un coup, il y a une hystérie collective où tout le monde doit devenir codeur alors que personne ne sait coder, tout le monde veut devenir entrepreneur : je pense qu’il va y a avoir beaucoup de déçus dans cette escalade. A titre d’exemple, l’incubateur Le Camping prennent 12 startups par an pour 300 candidatures présentées. C’est très bien que les gens se lancent et trouvent des idées, ce qui m’ennuie c’est le coté quasi obligatoire à le faire. Mais ça n’est pas une obligation d’être entrepreneur ! Lorsque l’on ne touche plus les ASSEDIC, c’est du sang, des larmes, des perspectives de développement qui sont faibles. On te vend du rêve et ce n’est pas forcément la réalité. Après, l’entrepreneuriat permet aussi de réfléchir, d’avoir moins peur de se jeter à l’eau car nous sommes très nombreux à être passionnés par notre métier. Ca redonne le goût du métier, et du travail !
 
 
Et Girlz in Web dans tout ça?
C’est un réseau et aujourd’hui une association qui existe depuis 4 ans et demi. Notre mission est de promouvoir les carrières féminines du numérique. A la base les trois fondatrices de Girlz in Web travaillaient toutes dans le numérique et trouvaient étrange qu’il n’y ait que des hommes du web mis en avant. Donc elles se sont mises en avant elles-mêmes ; l’approche est donc très pragmatique.
L’association est mixte et on veut clairement impliquer les hommes, car on a tous à y gagner à la mixité et à apprendre. La façon dont on gère les choses n’est pas du tout la même qu’on soit homme ou femme. Pour autant, il ne devrait pas y avoir d’échelle de valeur dans cette différence d’appréhension des choses. On travaille principalement là-dessus.
 

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L’application Linotte 

Ton ouverture sur l’international se fait comment?
De fait notre application Linotte marche déjà dans le monde entier et est lancée en deux langues. L’internationalisation n’est pas un but obligatoire mais c’est quelque chose que l’on ne perd pas de vue. Au niveau business, une chose après l’autre. La levée de fond de 50 millions de dollars ça sera un peu plus tard !
Enfin, vis-à-vis de Girlz in Web, on est heureux d’annoncer l’ouverture prochaine d’une antenne à San Francisco !
 
Question bateau: est-ce toujours un challenge d’être une femme pour entreprendre ?
Oui, c’est toujours un challenge, j’ai été traumatisée d’être une femme dans une ancienne boîte et du coup je suis paranoïaque. Je demeure très vigilante sur le sujet ! Girlz in Web m’a sauvée du burn out je crois !
Ca sera effectivement un challenge d’aller voir des partenaires business ou un banquier parce que c’est forcément plus compliqué. Il y a toujours un côté condescendant du style : « elle est mignonne, elle s’amuse avec ses projets ». Il y a toujours peu de femmes dans les accélérateurs, dans les startups. Si on donne pas confiance aux femmes, elles ne se donnent pas confiance d’elles-mêmes.
 
Un conseil ?
N’ayez pas peur. Et quoi qu’il arrive n’oubliez pas que vous avez tort !
 
La prochaine personne à interviewer ?
Raodath Aminou, fondatrice de Optimiam 

Pour contacter Marie-Amélie: Twitter

Crédit photo: Olivier Ezratty

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