Pierre Lacombe de Parrot, à la poursuite du prochain Eldorado

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Pierre a seulement 23 ans et déjà une ambition positive qui dépasse les frontières et les secteurs d’activités. Des studios hollywoodiens aux drônes en passant par la révolution audio, ce redoutable manager nous fait découvrir ses passions et ses projets. Rencontre avec un jeune homme déterminé.  

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Salut Pierre, peux-tu te présenter ?

Je suis d’abord un curieux, c’est ce qui me permet d’être attentif à ce qui se passe dans l’univers de la technologie et dans le domaine de la culture. J’aime la techno au service de l’épanouissement et de la créativité. A cela s’ajoute le commercial. C’est un triptyque en fait. Ce qui m’intéresse c’est connecter ces trois mondes.

Pour les gens d’une autre planète qui ne connaitraient pas Parrot ?

Nous sommes une petite entreprise de 900 personnes mais avec beaucoup d’ambition. Nous créons des objets connectés très spécifiques incopiables. Nous sommes le premier vendeur de drones au monde pour le grand public. On est a l’aube d’un marché qui s’ouvre et que nous avons ouvert. On va faire en sorte de l’ouvrir comme il se doit.

Que fais-tu chez Parrot ?

Je suis International Partnerships Manager depuis quelques jours ! J’ai démarré en tant que Chef de Produit junior sur les drones il y a 6 mois. Je travaille aujourd’hui avec les majors hollywoodiennes et les majors de jeux vidéos. J’ai un parcours axé sur la création de contenus (radio, télévision, cinéma, jeux vidéos) et ce qui m’intéressait c’est la technologie et à travers elle le fait de raconter des histoires.

Est-ce que ton passage dans le cinéma aux US t’a aidé ?

Evidemment, c’est ce qui a fait que j’ai pu occuper mon poste actuel chez Parrot. La compréhension des enjeux des créateurs de contenus est une expertise à avoir aussi bien dans la production que dans le marketing ou l’édition. C’est bien de connaître l’autre côté de la barrière pour mieux comprendre. Mon expertise c’est le contenu au niveau international, comprendre ce qui fait qu’un blockbuster est un blockbuster et quelles sont les clés qui peuvent être reconduites.

Paris vs Silicon Valley ?

La Silicon Valley j’y vais régulièrement, tous les 3 mois cela me permet de garder cette effervescence que l’on trouve pratiquement que là-bas ou dans quelques rares entreprises françaises comme Parrot très avancée niveau high tech.

Mais ce qui m’intéresse c’est d’aider une marque française à se développer. J’aurai moins de choses à apporter en étant junior chez Google que chez Parrot. Le défi me paraissait plus intéressant dans une boite française au siège monde. Les produits très innovants de Parrot ne s’adressent pas qu’à une niche. On a une interaction grand public intéressante. La Silicon Valley c’est un hub, à terme je pense que j’y serai. La Californie c’est le principal hub de l’entertainment via Los Angeles et de la technologie avec San Francisco. Cela reste un passage obligé mais quand on est français et qu’on a fait ses études en France c’est très dur d’entrer dans la Silicon Valley via des compétences qui ne soient pas design ou computer sciences.

C’est une question de visa ?

Non c’est une question de légitimité surtout. Serai-je le français lambda avec peu de chances de me démarquer ou suis-je le francais avec des compétences internationales dans une boite reconnue par les Etats-Unis? Ce qui m’intéresse c’est d’être dans un siège international, c’est un atout. J’ai de la chance d’avoir un management monde à proximité ça me permet de faire mes preuves.

Ta définition de l’entrepreneur ?

Je pense que l’entrepreneur c’est celui qui fait beaucoup de choses avec peu, c’est ce qu’on appelle le bootstrapping. Avoir de fortes contraintes pour créer le maximum d’opportunités est essentiel. C’est cette énergie qui m’intéresse. En tant qu’entrepreneur tu n’as pas de barrières ; tu dois connaître le marketing, la finance, les ressources humaines : c’est un tout. Je suis intrapreneur et entrepreneur avec Audigame, un distributeur digital de jeux audio.

Pourquoi penses-tu que l’audio est le prochain eldorado?

L’audio, c’est un média qui n’a pas passé la frontière technologique, la création d’audio notamment d’audio en terme d’expérience interactive n’est pas arrivée à maturité contrairement à Youtube. Quel est l’intérêt de faire un Youtube bis ? Tout le monde est sur Instagram ou Youtube. La prochaine frontière à passer c’est l’audio et cela doit passer par la technologie. Avec Audigame, on est une dizaine en side project, et on créé des arborescences interactives de contenus audio. Tu entends comme un film et tu vas devoir faire des choix binaires avec ton objet connecté qui va te faire avancer dans le jeu. C’est comme les livres dont vous êtes le héro.  On est en bêta, on peut essayer sur www.audigame.me. Le but c’est de vivre des aventures que l’on aime notamment dans le cinéma, transposée à une expérience interactive. C’est un medium très malléable qui consomme très peu de data et de bande passante.

Cela existait-il déjà ?

Des jeux audio existent mais ce sont des projets indépendants qui proposent davantage une simple expérience sensorielle plutôt qu’une réelle plateforme de jeux. Ce qui se rapproche le plus de notre concept c’est Papa Sangre avec un acteur comme Sean Bean (Seigneur des Anneaux, Game of Thrones), ou les français A Blind Legend. En tant que distributeur on cherche à les rassembler et faire en sorte que chacun puisse créer son jeu sans coder. Tout le monde possède aujourd’hui un micro et un ordinateur dans sa poche. L’enfant au fin fond de la Chine comme le producteur de Los Angeles : tout le monde pourra créer son contenu.

Est-ce que tu as un mentor ?

J’en ai plusieurs. Ils m’apportent des conseils, des contacts, un recul et – pardon pour le coté larmoyant – de l’espoir et de la motivation. Ce sont tous des français basés aux USA.

Un conseil ?

Soyez curieux, toujours curieux.

Sortez de votre zone de confort. Ne restez jamais dans la même position, quand tout va bien il faut faire des efforts pour se faire mal ! Ne jamais s’enfermer et créer un maximum de liant et de liens. Surtout quand on est jeune, on aura toute la vie pour s’enfermer. On pourrait résumer ça par apprendre et partager. La plus grande bêtise du monde c’est de ne connaître qu’un seul secteur.

Prochaine personne à ITW ?

Emmanuel Martin

Pour contacter Pierre : Linkedin

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