Rostom Cheikh-Aissa de GDF Suez: complexity is sexy

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Systèmes complexes, calculs en temps réel, modélisation: à priori certains mots peuvent piquer de bon matin. Mais quand ces derniers sortent de la bouche d’un passionné qui n’hésite pas à tout quitter du jour au lendemain pour poursuivre des projets qui lui tiennent à coeur, forcément on écoute. Rencontre avec un cerveau pas comme les autres. 

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Bonjour Rostom, qui es-tu ?

Je m’appelle Rostom Cheikh-Aissa. Je suis né à Alger, j’ai fait mes deux premières années de prépa en Algérie, à l’école supérieure d’informatique puis j’ai rejoint Epitech à Paris.

Raconte-nous tes années Epitech ?

La première année j’ai fait ma piscine (cours intensifs), je m’en suis plutôt bien sorti. J’ai intégré le Bocal, une association interne d’étudiants qui s’occupe des systèmes informatiques de l’école. A partir de là, j’ai véritablement commencé à « vivre » dans l’école avec la résidence juste à côté. A cette époque, je suis occupé 24h/24h entre les cours, les projets et l’asso. Je n’ai vraiment pas eu de vie privée pendant 4 ans ! Mais dans un sens ce fût positif, c’était un moment de ma vie où je devais me canaliser et je n’avais aucune envie de faire autre chose à cette époque.

La découverte de ta vraie passion ?

En 2003, en début de 3ème année, j’ai intégré le Laboratoire d’Epitech (projets d’intelligence artificielle) j’ai travaillé sur le projet Paloma, un système de drones multi-agents en milieu hostile. Cela m’a permis de commencer à travailler sur des systèmes complexes et les calculateurs en temps réel.

Tu aimes donc la complexité, qu’est-ce qu’il te plaît dans ce type de projets? 

Je porte un intérêt particulier aux sciences, une sorte de passion du monde physique dans lequel on vit. Ce qui m’intéresse dans la nature, c’est l’unicité et universalité des lois qui la gèrent. Souvent on se retrouve à étudier un phénomène infiniment petit ou simple qui régit en réalité des systèmes impliquant des milliards d’interactions. L’étude des systèmes complexes s’est révélée un domaine de prédilection. La nature dispose d’innombrables exemples qui peuvent être modélisés dans ce genre de systèmes. Je pense aux logiciels de crash tests, aux simulations aérodynamiques, ou même au calcul d’évolution démographique d’une population.

La complexité ça mène où? 

J’ai démarré chez Reuters Financials (journalistes qui récupèrent des prix à partir des marchés financiers), au département des Comodity & Energy. J’ai optimisé les temps de calculs financiers afin de les diffuser en temps réel.  Huit mois intensifs, j’ai pu constaté les méfaits de l’absorption abusive de café ! Puis j’ai rejoint une équipe pluridisciplinaire chez Crédit Agricole Asset Management qui s’occupait de projets commandos : un besoin très spécifique à réaliser de façon rapide. Mais je ne me plaisais pas forcément à Paris  et je voulais changer. J’ai passé un week-end à Bruxelles et j’ai adoré : les gens, le côté artistique, la ville. A mon retour à Paris j’ai décidé de mettre fin à mon contrat. C’était une évidence pour moi. J’ai cherché du travail pendant quelques mois et j’ai intégré KBC Asset Management, un fonds d’investissement.

Et aujourd’hui?

J’ai rejoint GDF Suez il y a 4 ans toujours à Bruxelles. Je suis analyste programmeur au sein d’une équipe qui gère un applicatif de calcul financier.

GDF Suez gère plusieurs millions de deals d’achat et de livraison d’énergie et de gaz sur plusieurs années ou l’achat de devises pour se prémunir des fluctuations du taux de change. Bref, cela représente un volume de calculs astronomiques, pour lequel il faut créer des systèmes sur mesure et optimisés. C’est là dessus que se focalise le plus gros de mon travail.

Ton regard sur les évolutions technologiques ?

J’avoue que mon intérêt pour les évolutions technologiques reste assez limité, je suis plus porté sur les nouveaux concepts ou les nouvelles idées. Par exemple, le language C ou les systemes unix sont des concepts révolutionnaires, même s’ils datent d’une trentaine d’années, ce sont des piliers stables. Plusieurs langages et systèmes d’exploitation (sans compter les nouveaux supports systèmes) se succèdent, sans vraiment apporter une évolution majeure.

Une envie de rejoindre une startup ?

J’ai  déjà pensé rejoindre quelques projets innovants dans le domaine du design, et aussi de créer une petite structure. Mais j’avoue que je suis conscient que ce genre d’activité consommerait plus de temps que ce que je peux en donner à présent. Je pense que lorsqu’on s’engage dans ce type d’aventure on doit être certain que l’investissement personnel peut suivre.

Un conseil à donner ?  

Lorsqu’il s’agit de choses aussi importantes que le métier que l’on veut exercer, je pense qu’il faut résister aux compromis, faire en sorte que la chance ait l’opportunité de nous atteindre.

La prochaine personne à interviewer ?

Loic Spannagel

Pour contacter Rostom : rostom@gmail.com

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