Stanislas Polu, de pivot en pivot

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Comme le philosophe le dit, “life is what happens when you’re busy making other plans”. Quand Stanislas a lancé sa startup de coupons de fidélisation pour les petits commerces, il ne se doutait pas que de pivot en pivot (4 au total !), sa startup allait finir par faire des analytics pour Instagram ! Une énième preuve que l’art de la startup, c’est aussi l’art de l’adaptabilité.

Je suis Stanislas Polu, co-fondateur et CTO de TOTEMS, où on fait du social media analytics. On est justement en train d’ouvrir notre bureau ici à San Francisco. Ça fait au moins 4 ans qu’on bosse sur ce projet avec mon associé.

Ton parcours ?

L’envie de monter ma boîte est venue rapidement. D’abord, j’ai fait des études en France, que j’ai terminées ici, à Stanford, en computer science. J’ai bossé un an pour Oracle, expérience de grosse boîte américaine ! Puis, je suis rentré en France, j’ai bossé un an pour une startup là-bas. Et très rapidement après, on s’est dit qu’il fallait y aller. Mais on a pivoté pas mal de fois pour arriver à TOTEMS.
Aujourd’hui, on fait du social media analytics sur Instagram, on aide les marques à comprendre ce qui s’y passe. On est spécialisés sur Instagram, et probablement l’un des seuls à faire ça.

Pourquoi ce sujet ?

C’était pas une envie particulière, juste le résultat de pas mal de pivots.

Il y a 4 ans, on a commencé par un premier projet qui n’avait rien à voir, autour de la virtualisation des cartes de fidélité pour les commerçants locaux. C’était un peu le pendant de Groupon, mais pour la fidélisation et non l’acquisition de clients. Très rapidement, en 5 mois, on s’est rendus compte que c’était un marché hyper dur à attaquer.

Puis, on a lancé Teleported, qui est une app. C’est un moteur de recherche en temps réel, mobile, de photos publiques, crowd-sourcées et géotaguées. C’est un projet complètement B2C, et ça n’a pas suffi pour en faire un business.

Mais on a vu qu’il y avait un intérêt autour de l’app par des businesses, particulièrement dans les domaines des média et des events. On leur a créé un produit plus B2B, qui avait pour vocation d’être le player YouTube de la photo sociale. Ça s’appelait Capsule, et ça marchait bien, mais les média et les events, les deux seules verticales auxquelles on arrivait à parler, ont très peu d’argent à investir dans ce genre de choses. Et on savait qu’il y avait les marques, une verticale qui nous intéressait et qui s’intéressait à la photo sociale, mais avec qui on arrivait pas du tout à parler avec le produit actuel.

Donc, on a fait un dernier gros pivot. On leur a posé la question, les marques nous ont dit que ce qui les intéressait, c’était les analytics. On était cross-platform, mais on s’est demandé ce qu’on pouvait faire mieux, et le plus malin était de se focaliser sur Instagram, qui était déjà, il y a deux ans déjà, en train de prendre “the lion’s share” du social media visuel.

Et c’est comme ça qu’on a fini par faire des analytics sur Instagram !

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À propos de la culture tech

Je la trouve assez différente entre Paris et San Francisco.

Ce qui est intéressant dans la culture tech, c’est que les gens sont vachement ouverts. Je travaille sur pas mal de projets open-source, et quand t’arrives avec un projet dans lequel t’as mis pas mal de sueur et de travail, les gens respectent énormément ça. Et même quant il s’agit de gens a priori inaccessibles, les portes s’ouvrent, par respect pour le travail qui a été accompli.

C’est quelque chose que je trouve moins à Paris. Les gens sont un peu plus dans leur coin, ils communiquent peut-être moins. Mais ça s’accélère, tout comme l’écosystème s’accélère en ce moment à Paris.

Ton projet open-source ?

J’ai toujours fait des petits projets sur le côté par ci par là, et il y a 8 mois, je me suis dit “allez, on arrête tous les petits projets, et on se lance dans un gros projet !” Et c’est comme ça que je me suis lancé dans Breach, qui est le projet de construction d’un nouveau browser ! Un maxi-projet !

L’idée de départ était de désentrelacer l’état du browser de la device sur laquelle il tourne. En maîtrisant complètement l’état du browser, on peut le projeter sur une nouvelle device très facilement.

Comment réussir à arriver à un résultat sans y passer 20 ans ? L’idée, c’était de prendre la content API du browser, et d’embedder à côté une thread node.js, et d’exposer par des bindings C++ natifs la content API dans node.js. Et tu te retrouves à coder le browser en JavaScript.

Dans un premier temps, notre but n’est pas forcément d’avoir des users actifs (au sens d’une startup), mais d’essayer de créer un écosystème sympa de développeurs, qui ont envie de créer des expériences un peu nouvelles dans l’utilisation d’un browser.

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Un conseil ?

Il y en a qu’un seul qui compte : construisez des trucs qui vous font marrer ! Et donc que vous utiliserez vous-mêmes ; ce qui est rarement le cas quand vous travaillez dans une startup. Construire des choses pour d’autres personnes, c’est parfois nécessaire pour faire de l’argent ; mais le kiff absolu, c’est de construire des choses qui te font marrer !

Qui interviewer ?

Frédéric Della Faille, de chez FrontBack. Il vit vraiment l’expérience “startup de la Silicon Valley à la mode” ; il a SV Angel, Ashton Kutcher dans ses investisseurs… Et c’est un produit B2C qui marche super bien. Ce serait intéressant de parler avec lui, parce que c’est l’expérience telle que la plupart des gens ne la vivent pas !

Quelqu’un d’autre de très intéressant, qui est basé à New York mais passe souvent ici, c’est Pierre Valade, de Sunrise, qui est un calendrier web/mobile/desktop ; il est aussi très sympa, très intéressant.

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