Steeve Morin, de Google à l’entreprenariat, parcours d’un geek heureux

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Recommandé par la superstar de l’ombre Mathieu Ghaleb, la rencontre avec Steeve ne pouvait qu’être agréable. Avec lui, nous découvrons que tout est drôle et circonstanciel dans sa vie. Il nous fait même croire que ce n’est pas son aptitude mais presque le hasard qui l’a amené chez Google à New-York, au centre de recherche INRIA ou encore à lancer Veezio. En attendant un prochain challenge à la hauteur de son talent, il nous parle avec sincérité et humanité de ses échecs et de ses succès. Attention, ces prochaines lignes sont bourrées de bons conseils.

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Steeve, 3 mots pour te définir ?

Geek, parachutiste et drôle.

Quand es-tu tombé amoureux de l’informatique ?

A 12 ans.  J’ai eu mon premier ordinateur, un 486 SX25. Et comme tous les jouets que j’ai reçus précédemment je l’ai démonté entièrement ! C’est là que j’ai commencé à bricoler. Vers l’âge de 15 ans, j’ai fait des trucs pas très avouables, beaucoup de cracking car je n’avais pas d’argent et je voulais jouer aux jeux vidéo. Donc quand il n’y avait pas de crack disponible, je les créais avec mon cousin. C’est là que j’ai commencé à programmer.

Qu’est-ce que t’a apporté Epitech ?

Je suis rentré à Epitech en 2002 l’école avait seulement 3 ans d’existence, c’était relativement nouveau. J’ai été voir en étant curieux et quand j’ai vu tous ces ordinateurs j’ai dit vendu ! Je me suis dit « pour une fois tu vas faire toute la journée ce que tu fais tous les soirs chez toi ». J’ai été pris et ça a été 5 ans mortels. Pas forcément pour le cursus mais plus pour les gens que j’ai rencontrés et pour les projets que l’on nous a fait faire. On nous a appris à apprendre, c’était vraiment cool. On arrivait et on nous disait « salut tu as un projet à rendre dans une semaine, bonne journée. » On nous disait « Google est ton ami ». L’idée c’était d’arriver à se débrouiller pour que l’on puisse de débrouiller plus tard, c’est ce qui fait que tu seras toujours en mouvement.

Ta première expérience de travail est assez incroyable !

Oui, j’ai d’abord fait un stage en première année qui s’est mal passé. A l’époque ma souris s’est cassée et je me suis dit ça serait bien de pas avoir de souris pour utiliser l’ordinateur. Je me suis intéressé à la vision artificielle, à l’analyse d’image. Je voulais faire un truc qui suit mon regard et qui place la souris où il faut. Je n’avais aucune expérience là dedans et en 15 jours j’avais un dispositif caméra qui fonctionnait. En cherchant davantage j’ai trouvé que l’INRIA qui était à coté de chez moi faisait des recherches là-dessus. J’ai envoyé un CV car j’avais toujours un stage à valider et la semaine d’après j’étais embauché chez eux. J’y suis resté en tout 4 ans. On travaillait sur les voitures qui roulent seules. C’est là où j’ai découvert le milieu de la recherche.

Comment es-tu rentré chez Google ?

En 2007, à l’INRIA et Epitech on programmait beaucoup en .net. On était de gros fans jusqu’à avoir des téléphones Windows Mobile. Je voulais sur mon téléphone Google Calendar alors j’ai créé un outil de synchronisation entre mes deux calendriers. Cela s’appelait « .net micro framework ». Je l’ai mis sur mon blog pour partager. Deux jours après j’avais un commentaire de Google pour les contacter ! Je fais un entretien avec le manager de la division GData qui me propose New-York ou San Francisco. J’ai dit banco pour New-York! J’y suis resté 5 mois.

Qu’est ce qui t’a décidé à lancer Veezio?

Je suis resté 4 mois chez Milestone (Exalead). La meilleure équipe avec qui je n’ai jamais bossé. Son fondateur, Jonathan Benassaya (fondateur Deezer), nous recommandait des livres dont « Delivering Happiness » par le fondateur de Zappos. Ce livre m’a vraiment marqué. Etre dans une startup et lire ces livres : j’arrivais à la fin de ma période d’essai et j’avais envie de me lancer. Je me suis dit « tu es jeune, fais-le maintenant ou tu regretteras de ne pas l’avoir fait ». Pour l’anecdote quand j’ai dit à Jonathan que je partais, il m’a répondu « tu fais chier », puis je lui ai dit que c’était pour monter ma boite. Alors il m’a dit « si tu as besoin de quoi que ce soit viens me voir et je  t’aiderai » et c’est ce qu’il a fait.

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Pourquoi tu as arrêté ?

De février à mai 2013, on est allé 3 mois à San Francisco pour comprendre comment résoudre notre problématique de prix. On a compris là bas qu’il fallait qu’on arrête grâce à un entretien avec Y Combinator. On voulait rester des techs et pas devenir des sales managers. On voulait faire avancer la recherche via la recherche adaptée à la vidéo. On a décidé de stopper le projet en août 2013 et depuis je suis CTO freelance, je fais du conseil stratégique, du conseil en lancement produit et du développement technique.

Quels sont tes projets?

J’aime être freelance mais j’attends de refaire une boite. J’ai des projets personnels qui avancent là dessus. Le fait de rater une boite te met un gros coup d’humilité mais tu n’as plus la peur de rater un projet après. En France on vit mal le fait de rater une boite, j’ai appris à gérer ça. Je n’ai plus l’épée de Damoclès.

Ta définition de l’entrepreneur ?

Pour moi c’est un mec qui a peu de moyen mais qui a beaucoup d’envie. Sachant qu’il est plus proche du chômeur que de Marc Zuckerberg.

Un conseil ?

Créér toujours créer. Il ne faut jamais s’arrêter de créer des choses. On a un travers chez les techs, on a toujours tendance à se dévaloriser. Moi je suis persuadé que le code c’est comme ce qui a été la lecture il y a 400 ans. Savoir coder c’est un avantage considérable aujourd’hui et on devrait en être digne. En être digne c’est créer.

Prochaine personne à ITW ?

Gawen Arab, CTO Lima 

Pour contacter Steeve: Twitter

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