Teresa Colombi ou le futur de l’expérience utilisateur

Share Button

Plus une innovation qui ne prend en compte l’utilisateur et son ressenti, plus une startup qui n’a pas son UX designer. L’expérience est désormais mot clé, au coeur des stratégies des marques, des services et des enjeux technologiques. Mais ce n’était absolument pas le cas il y a 10 ans. Alors pourquoi cette soudaine révolution de l’utilisateur? Analyse et retour d’expérience (c’est le cas de le dire) d’une pionnière de l’UX. 

 

teresa-colombi

Teresa, peux-tu te définir en 140 caractères ?
Entrepreneuse, passionnée de facteurs humains, ancienne enseignante chercheure et experte en eye tracking.

Qu’est-ce que LudoTic ?
C’est un cabinet de conseil, formation et R&D en ergonomie et expérience utilisateur qui a été monté il y a plus de 10 ans, nous avons donc été une startup ! On s’est monté autour de la compétence eye tracking : le pistage des mouvements oculaires de l’utilisateur qui permet de mieux comprendre la « user experience », c’est-à-dire l’expérience qu’il est en train de vivre. On peut voir si l’utilisateur est en train de douter de ses choix, s’il comprend le contenu, s’il est dans une émotion positive ou négative, etc. C’est ce qui nous permet d’optimiser la navigation et l’affichage des expériences sur mobile, bornes, web et autres.

Quelle est ta définition de l’UX (expérience utilisateur)?
Tout ce que l’utilisateur ressent au cours de l’interaction avec le produit ou le service.

En 2004, on ne parlait pas encore d’expérience utilisateur. Quelle a été ton intuition ?
A cette époque, on réfléchissait beaucoup au code, aux bases de données, à l’évolution des langages, mais c’était une évidence que l’utilisateur en face de ces codes allait devenir l’élément central. Aujourd’hui on ne juge pas la qualité d’un site sur la qualité de son code mais bien sur la qualité de la user experience.

Il y a eu une sacrée révolution des mentalités
Oui, imagine qu’il y a 10 ans quand je disais ergonomie les gens comprenaient « agronomie » ou « économie ». Aujourd’hui c’est rentré dans les mœurs même si les gens ne savent pas forcément ce qu’est exactement une user expérience, on sait qu’il faut des experts dans ce domaine.

Du coup, les projets doivent sacrément évoluer ?
On accompagne aussi bien les grands groupes Amadeus, Orange, Gemalto qui ont des gros produits en cours tout comme les startups sur des applications mobiles innovantes ou des serious games. Au delà d’être un ensemble de compétences sur les facteurs humains, la user expérience est une autre façon de travailler car il faut revoir les grands jalons d’un projet informatique afin d’intégrer une approche centrée sur l’utilisateur.
Plus les sociétés sont grosses plus il est difficile de changer leur façon de travailler. Les startups ont moins de budget mais sont beaucoup plus souples.

Quelle est l’évolution de la user experience ?
On va vers l’institutionnalisation de la figure professionnelle de l’UX, dans quelques années le UX designer sera un membre de l’équipe comme le CTO dans n’importe quel projet à n’importe quelle taille d’entreprise. Aux USA on voit déjà que les nouvelles rock stars sont les designers.

Tu fondes aujourd’hui un programme spécial UX, peux tu nous en parler ?
Nous avons toujours fait des formations de sensibilisation à l’UX depuis 2005, et ce qui nous paraît important c’est d’ouvrir un vrai programme qui permette aux personnes de devenir UX designer. Cela s’adresse à des chefs de projets, marketeux, graphistes, développeurs, analystes fonctionnels. Pendant un mois intensif (ou trois mois et demi selon l’option), ils vont pouvoir analyser et pratiquer leur talent dans le design graphique, conception d’interface, le processus cognitif ou la gamification.

Un conseil à donner pour ceux qui voudraient se plonger dans la UX?
La référence incontournable ce sont les américains en particulier Jacob Nielsen qui a un blog.

La prochaine personne à interviewer ?
Corinne Meunier de Kabia

Pour contacter Teresa : Linkedin et Twitter

Share Button