William Brendel, Research Scientist chez Amazon le jour, prince des soirées déjantées la nuit

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William est parti aux États-Unis pour y étudier un an, et… n’en est jamais reparti !

Il profite pleinement de deux des multiples visages de San Francisco, en vivant à fond un boulot tech particulièrement pointu chez A9 (Amazon), tout en faisant vibrer la scène nocturne des nombreuses fêtes déjantées qui rythment la ville à longueur d’année.

Je m’appelle William Brendel, je travaille pour Amazon dans leur branche qui est basée à Palo Alto, qui s’appelle A9. Je suis Research Scientist, en intelligence artificielle et computer vision.

Ton parcours ?

Je suis arrivé aux États-Unis en tant qu’étudiant, pour un an d’échange dans l’Oregon, à l’université Oregon State University. Puis j’ai décidé de rester un an de plus, et finalement au lieu de rester un an de plus, je suis resté six ans de plus pour faire mon doctorat. Après, j’ai déménagé d’Oregon vers la Silicon Valley pour trouver un job chez Google.

C’est quoi A9 ?

C’est une branche d’Amazon, basée à Palo Alto. Ils ont différents départements, celui pour lequel je travaille est “Visual Search”. Leur spécificité est de faire de la recherche visuelle ; l’objectif est, à partir d’un téléphone, des Google Glass, ou n’importe quoi qui ait une caméra, d’identifier des produits qui entourent le client et de suggérer en un clic d’acheter ces produits sur Amazon.

Une double-vie ?

La journée, je travaille pour A9 en tant que Research Scientist ; et le soir, comme je vis à San Francisco, j’organise des gros événements, des soirées. Par exemple, fin avril, on a organisé une grosse soirée sur le thème des années 20 ; là, on va organiser une soirée sur le thème du film Tron, avec en style musical tout ce qui est un peu Daft Punk et de l’électro un peu française ; après on va peut-être faire un événement sur le cirque ; …

Quelque chose de cool dans ton travail ?

Ce qui est un peu atypique dans mon travail (celui de la journée comme celui de la nuit), c’est la liberté d’action. À un ingénieur de la Silicon Valley, ce qu’on demande n’est pas nécessairement de pointer 8h par jour mais d’être créatif, passionné et de créer de nouveaux produits, en respectant les deadlines. Si une journée, j’ai envie de travailler 15h et l’autre journée j’ai envie de travailler que 6h, tant qu’à la fin de la semaine mes deadlines sont remplies je peux organiser mon temps comme je veux. Si demain je dis à mon manager que j’ai envie de travailler de la maison, je travaille de chez moi, et j’ai pas de compte à rendre à qui que ce soit.

Si on donne à l’employé sa liberté de création et d’action, mais qu’en plus de ça, on lui donne des snacks, de la nourriture, des moyens de transports, des moyens pour garder son gamin, faire sa lessive… on peut voir ça comme les corporations qui veulent avoir main basse sur la vie de l’ingénieur pour qu’il travaille plus, mais en pratique, ça fait qu’on vient au travail vraiment avec le sourire.

 

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À propos de la culture à San Francisco

Il y a pas de jugement, c’est une culture qui est très permissive, une grande culture d’accueil, très diversifiée, ça permet d’avoir une ouverture d’esprit et une créativité sans limite parce comme les gens ne vous jugent pas, il n’y a pas de frein.

Et puis derrière, il y a tout le système pour que les gens réussissent : au nord de San Francisco il y a Berkeley, au sud il y a Stanford, qui sont deux écoles dans le top 5 des meilleures écoles aux US, et qui produisent des petits génies. Et puis il y a tous les investisseurs aux alentours, les business angels, … Il y a beaucoup de startups.

Le soir après le travail, on va boire un verre dans un bar, on va rencontrer un investisseur, et de l’autre côté de la table un patron d’entreprise en vacances. Si tu as une idée, en discutant avec les deux, une semaine après on peut se retrouver à monter des plans pour faire une nouvelle boîte. Le nombre de personnes importantes qu’on rencontre complètement naturellement, au coin d’un verre ou dans la rue, c’est assez incroyable, alors que dans d’autres régions et d’autres pays ça serait tout simplement impossible. Même si on rencontrait ces personnes, il y aurait tout de suite un jugement, une certaine hiérarchie sociale, qui ferait qu’on serait remis à notre place.

Les gens sont très francs, très directs, parce que le temps c’est de l’argent. Par exemple, quand j’ai quitté Google, une semaine ou deux après je bossais pour Amazon. J’ai juste vu l’annonce sur LinkedIn, et j’ai demandé si c’était une annonce toujours valide ; la recruteuse m’a dit de venir visiter les locaux, j’ai passé mon interview, et une semaine, après ils me faisaient une proposition. On a des offres toutes les semaines dans la Silicon Valley, et c’est cette simplicité et cette ouverture d’esprit qui permet une grosse efficacité.

La Silicon Valley est un peu le Hollywood des tech companies ; c’est une fois qu’on a le pied dedans, qu’on a bossé pour une grosse boite, que tout est simplifié. C’est le réseau qui fait bouger les choses.

Un conseil ?

Le plus important dans sa vie, c’est de réaliser ses rêves d’enfant. Ce sont ceux avec lesquels on attache le plus de passion personnelle et d’exigence, ce sont ceux qui vont nous mener le plus loin. À moindre mesure, les conseils que je donnerais c’est : être passionné, persévérant et patient.

Dans la Silicon Valley, il y a un proverbe: “Don’t ask for permission, ask for forgiveness”. N’attendez pas qu’on vous donne des ordres pour faire quelque chose, faites, prenez des responsabilités, allez au-delà des responsabilités que vous avez. Si vous trébuchez, ce n’est pas grave; si ça n’a pas fait planter la boite et que vous assumez la responsabilité, vous avez le droit de trébucher, une fois, deux fois, trois fois… Les chances données sont assez incroyables parce que la prise d’initiative sur quelque chose qui peut sembler anodin peut déboucher sur quelque chose de fantastique.

Pour contacter William : LinkedIn

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